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Rav Itzhak Yaacov Reines

Le rabbin Itzhak Yaacov Reines était un rabbin orthodoxe, l'un des plus grands érudits de la Torah de son époque, connu comme un prodige talmudique. Il a été l’un des fondateurs du mouvement Mizrachi, du sionisme religieux et un activiste au sein des congres sioniste. Il a étudié le Talmud et la littérature avec une combinaison d'idées scientifiques, logiques et générales.

Le Rav Reines a une longue généalogie qui remonte à Rashi, qui lui-même fait référence au roi David. Son nom de famille vient de sa grand-mère, du côté de sa mère, qui s'appelait Reina. Son père, Rabbi Shlomo Naftali, appartenait au groupe d'étudiants du Ga'on de la Vilna, qui avait immigré en Israël a Safed en 1809. L'objectif du groupe était messianique afin d'apporter la rédemption, la délivrance du peuple.

En Mai 1834, après les révoltes contre les Juifs de la ville, à la demande des dirigeants de la communauté, le rabbin Shlomo Naftali s'est rendu dans les communautés juives de Russie et de Pologne, en tant qu'émissaire afin de collecter des fonds pour la réhabilitation de la communauté. Le 1 er janvier 1837, alors à Varsovie, il reçut la terrible nouvelle qu’un grave tremblement de terre avait frappé Safed et que tous les membres de sa famille, y compris sa femme, ses fils et sa sœur, étaient morts dans l'effondrement de leur maison. Suivant les conseils de ses amis, le rabbin Naftali restera à l'étranger et s'y installa dans la ville de Karlin. Après l'année de deuil, il se remaria et le 17 Octobre 1839 à Karlin, près de Pinsk en Lituanien, leur fils Itzhak Yaacov est né.

Son éducation, comme l'éducation de tous les enfants juifs de l’époque, était au H’édère. Le jeune Itzhak Yaacov excellait dans ses études et à l'âge de dix ans, il connaissait déjà par-cœur un certain nombre de traités Son père le présenta à l'un des plus grands érudits de la Torah de la ville, le rabbin Yechiel Halevy, qui l’accepta comme son disciple. À l'âge de quinze ans, il possédait déjà de nombreux nouveaux commentaires de la Torah et, vers l'âge de dix-sept ans, écrit son premier livre, qu’il intitulera ‘’Shota Danika’’ (la parole de l’enfant).

A cette même période, est arrivé dans la ville un homme érudit mais très impliqué en mathématiques. Itzhak Yaacov demanda à recevoir des leçons de ce professeur. Le Rav Reines a été grandement influencé par ses capacités d'apprentissage et il a commencé à utiliser les éléments logiques des mathématiques dans l'étude de la Guemara et des Poskim. Il a déclaré dans son témoignage qu '"une nouvelle lumière lui est apparue dans son étude et qu'à partir de ce moment-là, cette étude s'est profondément enracinée dans son cœur". Sa réputation était l'un des hommes les plus remarquables de sa Yeshiva, et beaucoup le voyaient comme prétendant pour leur fille.

À l'âge de dix-huit ans, il se fiança à la fille du rabbin Yossef Reizin, rabbin de la ville de David-Hardock et un an plus tard, ils se marièrent. Il fut ordonné par les plus grands rabbins de la région. Après son mariage, il commença pendant trois ans à écrire trois œuvres de la Torah.

Il fut élu rabbin dans différentes villes mais sa méthode novatrice d’apprentissage de l’étude fait l’objet de controverses dans le monde talmudique. Il savait que de nombreux jeunes Juifs s'intéressaient aux études générales et à l'enseignement de diverses sciences, qui n'existaient pas dans les établissements d'enseignement existants des Yeshivot et les Beit Midrash. Beaucoup de ceux qui étaient intéressés par une telle éducation abandonnaient la Torah.

Pour beaucoup de Juifs, le monde juif traditionnel était perçu comme retardé par opposition au mouvement de l’émancipation qui marquait un progrès. Le rabbin Reines a compris le danger inhérent à cette rupture et en est venu à la conclusion que la Torah et la science se complètent et étaient cohérents, et donc la solution consistait à modifier le système éducatif des Yeshivot, c'est-à-dire à introduire des études laïques dans le programme.

En 1882, à Pétersbourg, en Russie, les plus grands rabbins et chefs de communauté se sont réunis pour discuter du problème. Lors de cette réunion, le rabbin Reines a présenté sa proposition, qui consistait à introduire dans le programme des Yeshivot l’étude de la langue de l’État et des autres sciences générales. Mais il se heurta à la féroce opposition des anciens rabbins. Le rabbin Reines ne baissa pas les bras et décida de mettre sur pied une Yeshiva combinant études religieuses et laïques.

À la même époque, le rabbin Reines était rabbin de la ville de Vincián près de la capitale Vilnius, où il fonda sa première Yeshiva qui s'appela ‘’Torah et Science’’. C'était une grande révolution, et aux yeux de beaucoup, cela a été accepté comme un sacrilège. Ils n’ont cessé d’harcelé le Rav Reines jusqu'à ce qu’il ait finalement été contraint de fermer la Yeshiva après quatre années consécutives.

Après la clôture de la Yeshiva, le rabbin Reines fut accepté au poste de Magid-Meisharim (beau parleur) de la communauté de Vilna en 1888. Mais en  1905, il retourna en Russie dans la ville de Lida où il rétablit la Yeshiva de ‘’Torah et Science’’.

Le couronnement de son innovation a été exprimé par sa dévotion pour le mouvement sioniste et la création du "Mizrachi" – un mouvement religieux sioniste. En plus de servir de rabbin et de chef de la Yeshiva dans la ville, le rabbin Reines a assumé des positions importantes dans le mouvement sioniste en tant que chef et dirigeant des sionistes religieux unis autour du drapeau "Mizrahi". Ainsi, la ville de Lida devint le centre du mouvement sioniste religieux.

Le rabbin Reines refusa avec véhémence d'associer la Yeshiva au mouvement Mizrahi. Pour lui, il y a le sionisme et il y a une Yeshiva, et ces deux choses sont distinctes. Le rabbin Reines a plaidé en faveur de l'éducation naturelle, selon laquelle une reconnaissance holistique de la matière conduit une personne à une vision du monde particulière et il n'est pas nécessaire de la prêcher politiquement.

Une autre influence sur la philosophie sioniste de Rabbi Reines fut le rabbin Shmouel Mohilever, qui était l’un des chefs éminents du mouvement ‘’Hibbat Sion’’ et le principal rabbin du judaïsme religieux. L'un des projets du rabbin Reines était de créer un vaste réseau d'écoles de différents niveaux et types, permettant à la Terre d'Israël de devenir le centre de la Torah pour le peuple juif.

Lorsque Herzl publia son livre "L'état des Juifs" puis convoqua le premier congrès sioniste à Bâle, le rabbin Reines suivit avec un vif intérêt les événements. Il étudia la question deux ans pour enfin rejoindre le mouvement sioniste.

Sa première participation aux activités du mouvement sioniste eu lieu lors du troisième congrès sioniste tenu à Bâle en 1899. Dans les arguments contre le sionisme, il mentionne que rien ne permet de prétendre que le mouvement sioniste ne provient pas d'une source sacrée. Pour lui, le mouvement sioniste est un retour au judaïsme.

Avec l'arrivée du troisième congrès sioniste, le rabbin Reines se trouva à la tête du camp des rabbins sionistes qui se rebellaient de manière décisive contre cette idée de la ‘’Cultura’’, que le sionisme aspirait en principe non seulement à la renaissance économique et politique, mais également à la renaissance spirituelle. Il s'opposa également à l'idée de faire revivre la langue hébraïque, qui était la pierre angulaire de la ‘’Cultura’’.

La dispute entre la ‘’Cultura’’ et les religieux a suscité chez Rabbi Reines le désir de fonder le parti Mizrahi dont le but était de coopérer au mouvement sioniste tout en préservant la propre identité religieuse. La conférence fondatrice de Hamizrahi s'est tenue en 1902 à Pressburg, en Slovaquie, sur le sujet de la ‘’Cultura’’.

Le rabbin Reines est arrivé au cinquième congrès sioniste avec le soutien total de son parti. Un autre groupe du Congrès était un groupe de sionistes non religieux qui s’opposés à la ‘’Cultura’’ pour des raisons politiques qui ont rejoint le rabbin Reines et les religieux. La fin du congrès a été l'acceptation de la proposition, avec l'accord explicite conclu entre Ahad Haam et le rabbin Reines, selon laquelle l'éducation religieuse resterait entre les mains des religieux.

Après l'échec de la tentative sur le régime turc d'obtenir une charte sur la Terre d'Israël, Herzl reçut une proposition du secrétaire britannique aux Colonies, Joseph Chamberlain, d'accepter l'Ouganda en Afrique. Au sixième congrès sioniste de 1903, à la suite des événements de Kichinev, Herzl se rendit compte de la résistance qui pouvait surgir et proposa donc ce plan comme un "paradis nocturne" pour les Juifs persécutés en Russie.

La question de l’Ouganda a suscité un grand débat au Congrès du camp des partisans et des opposants. Le rabbin Reines, qui a également été influencé par les événements difficiles croyait que le peuple juif était en danger physique et existentiel. Il était proche de Herzl, n'a pas abandonné sa loyauté envers lui et a décidé de soutenir son plan. Il considérait ce plan comme un plan temporaire, l'objectif ultime étant la Terre d'Israël.

À la suite des divergences au sein du parti, il a été décidé d’envoyer une délégation de fonctionnaires de l’Agence juive pour inspecter la région en Ouganda. La délégation est revenue avec un rapport détaillé indiquant que la zone ne convenait pas à la colonisation et que la proposition avait été supprimée des propositions.

Après le 10ème Congrès sioniste en 1910, certains membres du "Mizrahi" ont quitté l'Organisation sioniste, mais le rabbin Reines s'est opposé à cette tendance et est resté à la tête du "Mizrahi" jusqu'à sa mort.

 

Il décèdera le 20 Aout 1925 et sera enterré dans le cimetière juif de Lida, qui sera bombardé et détruit en 1941 et reste aujourd’hui inconnu l’emplacement  exacte de son tombeau. Il eut 2 garçons et une fille.

 

En son souvenir a été baptisé la Moshava de Névè Yaakov, détruit pendant la guerre d'indépendance, le Moshav Sdé Yaakov dans le nord, le quartier Névè Yaakov à Jérusalem et d’autres nombreuses rues des villes d'Israël.

 

La rue Reines à Netanya :

Rue principale en double sens a deux voies qui débute à la fin de l’artère de la rue Raziel, au local central du Bnei Akiva, jusqu’ au rond-point de la rue Hèmèk Hèfèr.
Rue assez bruyante avec de nouvelles constructions de haut standing et en permanente rénovation après la destruction de l’ancien stade de la ville à proximité.

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