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Les Pirké Avot

Les Maximes des Pères constituent un traité de la serie de la Michna. Depuis au moins l'époque de Saadia Gaon (Xe siècle E.C.), qui en signale lui-même l'ancienneté, il est de coutume d’en lire successivement un chapitre chaque Chabbat après-midi, depuis le Chabbat suivant immédiatement Pèssah jusqu’au Chabbat précédant Chavouôt pour les ashkénazes et jusqu'à Rosh Hashana pour les sépharades, un chapitre du Traité Avot par semaine.

Il est également de coutume de préfacer par la mishna 10:1 de Sanhédrin : "Kol Israël yesh lahem Helek leolam haba" (Tout Israël a une part dans le monde à futur), et de conclure par la mishna 3:16 de Makkot : "Le Saint, béni soit-Il, a voulu donner du mérite à Israël; C'est pourquoi il leur a donné la Torah et des mitzvot en abondance".

Aux cinq chapitres des Pirke Avot s'ajoute donc un sixième, intitulé Kinyan Torah (Acquisition de la Torah).
Il s'agit en réalité du huitième chapitre du traité mineur Kalla (selon sa place dans l'édition Vilna du Talmud), dont le contenu et le style se rapproche des Pirke Avot.

Il est le seul traité à ne pas aborder des points de loi juive.

 

Pourquoi ce traité est-il nommé «père»???

Il semblerait que le nom qui convient à ce traité soit plutôt dans l’esprit de ses différentes traductions en français : «Éthique» ou «Maximes». 

De nombreuses raisons ont été avancées pour expliquer le curieux nom de ce traité. En voici quelques-unes :

Bien qu’il soit nécessaire pour tous d’étudier et de mettre en application les enseignements éthiques, ceux-ci sont particulièrement importants pour les parents et les éducateurs. Pas seulement pour qu’ils les enseignent à la prochaine génération, mais pour être eux-mêmes des modèles des comportements enseignés dans ce traité. Comme le dit Shammaï (Pirkei Avot 1:15) : «Parle peu et agit beaucoup».

«Pères» peut aussi être traduit comme «principes généraux», des principes qui contiennent des myriades de leçons. Comprimé dans ces six brefs chapitres se trouve notre code moral tout entier. Plus nous en étudions les passages, plus nous découvrirons de messages. Pour reprendre les mots de Ben Bag Bag (Pirkei Avot 5:21) : «Creuse-la et creuse-la encore, car tout s’y trouve…»

En effet, les centaines, sinon les milliers, d’ouvrages publiés sur ce traité démontrer la vérité de cette idée.

Les enseignements exprimés dans le présent traité sont les « pères » de – c'est-à-dire qu’ils doivent précéder – tous les autres enseignements de la Torah. Cette idée est exprimée succinctement par Rabbi Eliezer ben Azaria (Pirkei Avot 3:17) : « Sans savoir-vivre, point de Torah. »

C’est aussi la raison pour laquelle il est de coutume d’étudier Avot pendant les sept semaines du compte du Omer : les enseignements de ce traité sont un préalable nécessaire à la réception de la Torah à la fête de Chavouot.

Si vous enseignez à quelqu’un une idée – quelle que puisse être ma grandeur ou la sainteté de cette idée –, bien que vous ayez augmenté sa connaissance, vous n’avez pas effectué un véritable changement chez cette personne. Si, toutefois, vous avez réussi à apprendre à cette personne à se comporter dignement, alors vous l’avez transformée. Vous êtes, pour ainsi dire, le « père » d’un nouvel être humain raffiné.

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
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