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Max Nordau

Max Simon Nordau est un médecin, auteur, critique sociologique et l'un des grands meneurs du sionisme, cofondant l'Organisation sioniste mondiale avec Theodor Herzl. Il fut président ou vice-président de plusieurs congrès sionistes.
En tant que critique sociologique, il écrit un certain nombre de livres très controversés comme Dégénérescence.

De son vrai nom Simon Maximilian Südfeld ou Südfeld Simon Miksa, Nordau est né le 29 juillet 1849 à Pest, faisant alors partie du royaume de Hongrie. Son père, Gabriel Südfeld orthodoxes, était un poète en langue hébraïque. Il suit d'abord des cours dans une école élémentaire juive, puis dans un lycée catholique avant de rejoindre l'université et obtenir son diplôme de docteur en médecine. Il travaille comme journaliste pour des petits journaux de Budapest, avant de s'installer en 1873 à Berlin où il change son nom. Il est envoyé à Paris comme correspondant de Die Neue Freie Presse et c'est à Paris qu'il passera la majeure partie de sa vie.

Nordau est l'exemple typique d'un juif européen totalement assimilé et acculturé. En 1896, il se marie avec Elizabeth Dunes Kaufman qui est une protestante, et malgré son éducation hongroise, il se sent très proche de la culture allemande.

Max Nordau et Elizabeth donneront naissance en 1897 à Maxa Nordau qui est considérée comme une des peintres emblématiques de l'École de Paris. Son travail de paysagiste célèbre des vues de la Palestine et Israël (Elle s'éteint en 1993).

La conversion de Nordau au sionisme est typique de la montée du mouvement sioniste parmi les communautés d'Europe de l'Ouest. L'affaire Dreyfus qui débute en 1894 est le déclencheur qui convainc Nordau que le sionisme est maintenant nécessaire. L'opinion de Herzl s'est formée pendant son séjour en France quand il prend conscience de l'universalité de l'antisémitisme.

En août et septembre 1899 Nordau est à Rennes pour couvrir le procès Dreyfus. L'affaire Dreyfus le fortifie dans son idée de l'échec de l'assimilation.

Son rôle en tant qu'ami et conseiller de Herzl, qui travaille comme correspondant du journal viennois Neue Freie Presse, débute à Paris. Le procès est plus qu'un déni de justice et selon les mots même de Herzl.

Nordau jouera dès lors un rôle majeur dans l'Organisation sioniste mondiale. Sa notoriété aide à faire connaître le mouvement sioniste. Il est aussi responsable du caractère démocratique de l'organisation.

L'œuvre de Nordau en tant que critique de la civilisation européenne, et ses conclusions, ont certainement contribué à sa conversion au sionisme.

L'œuvre majeure de Nordau Entartung (Dégénérescence : en 1892), écrite en allemand comme toutes ses œuvres, est une attaque moralisatrice contre l'art dit « dégénéré », ainsi qu'une polémique contre les effets d'une série de phénomènes sociaux émergeant à cette période, tels que l'urbanisation rapide, et ses conséquences sur le corps humain.

Bien que l'œuvre de Nordau reflète sans conteste une tendance réactionnaire de la pensée européenne, il condamne aussi la montée de l'antisémitisme de la fin du xixe siècle comme une conséquence de la dégénérescence.

À l'époque de ses écrits, l'Europe subit une complète mutation technologique et un bouleversement social considérable. L'industrialisation rapide et l'urbanisation qui s'ensuit cassent de nombreuses structures traditionnelles de la société.

Un des principes centraux de la croyance de Nordau est l'évolution dans tous les domaines. Il en conclut que l'émancipation des Juifs n'est pas née de l'évolution. Le rationalisme français du xvוווe siècle est basé sur la pure logique et demande que tous les hommes soient traités de façon égale. Nordau voit l'émancipation des Juifs comme le résultat d'une pure logique.

Nordau est un des personnages clés des premiers congrès sionistes mondiaux qui ont joué un rôle vital dans l'orientation du sionisme. Herzl privilégie l'idée d'un journal juif et la formation d'une Société de Juifs élitiste afin de propager l'idée du sionisme. Nordau réussit à convaincre Herzl que le sionisme doit avoir des bases démocratiques même s'il est virtuellement impossible de représenter tous les groupes juifs et le persuade de la nécessité d'une assemblée. Cette apparence de démocratie permet de contrer les accusations que les sionistes ne représentent personne qu'eux-mêmes.

En tout, il y aura onze congrès, le premier organisé par Nordau se tient à Bâle (Suisse) du 29 au 31 juillet 1897. Sa renommée comme intellectuel attire l'attention sur le projet. En effet, le fait que Max Nordau, l'essayiste et journaliste cinglant, soit un Juif est une révélation pour beaucoup. Herzl manifestement occupe la première place, faisant le premier discours au congrès; Nordau suit à la tribune en faisant une évaluation de la condition juive en Europe.

Le discours de Nordau au congrès sioniste mondial fait une analyse du peuple juif et en particulier des stéréotypes sur les Juifs. À la différence de Herzl qui favorise l'idée d'une politique formée par les élites, Nordau insiste pour que le congrès se dote de règles démocratiques et appelle à voter sur tous les sujets importants.

Pendant la période de la première guerre mondiale, il est obligé de partir en 1914 pour Madrid en Espagne jusqu’en 1920. En 1920, après la guerre, il se déplacera dans ces derniers années à Londres jusqu’à sa mort.

À partir du début du xxe siècle, l'influence de Nordau comme critique culturel décline : le modernisme qu'il avait décrié, la popularité montante de différents philosophes tels Friedrich Nietzsche, les immenses changements technologiques et la dévastation de la Première Guerre mondiale, changent totalement la société européenne. Même à l'intérieur du mouvement sioniste, d'autres courants de pensée, influencés par Nietzsche, le socialisme et d'autres idées prennent le devant, donnant de Nordau une image « rétrograde » de personnage de la fin du xixe siècle.

 

Nordau décède en visite à Paris le 23 Janvier 1923. En 1926 sa dépouille est transférée au cimetière de Trumpeldor à Tel Aviv.

Le village de Nordia près de Netanya, des quartiers comme à Netanya et de nombreuses rues dans le pays (Tel-Aviv) son nommées en son souvenir.

 

 

La rue Max Nordau à Netanya :

Grande rue dans le quartier de Kiryat-Nordau a forte population de la communauté éthiopienne.

Rue parallèle à l’Avenue Pinhas Lavon et de la route 2, Tel-Aviv-Haïfa. Elle débute a la rue Nathan Komoi jusqu’à la rue Pinhas Rotenberg.

Beaucoup encore de terrains vagues, avec de petit immeuble. S’y trouve l’école Igal Alone et les jardins d’enfants de Habbad.

 

 

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