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Les Jours des Chovévim

Nous nous trouvons au cœur des semaines que l’on appelle «Yemeï Hachovévim», les jours de Chovévim, une période de 6 semaines, qui commencent à la parachat Chemot et se terminent à la parachat Michpatim. Le mot «Chovévim» est formé avec les initiales des premières parachiot du livre de Chémot : « Chémot, Vaéra, Bo, Béchala’h, Yitro, Michpatim » (pendant les années embolismiques, on ajoute Terouma Tétsavé, dont les initiales sont «Tat»).

Ces jours sont connus pour faciliter un renforcement dans le service de Hachem, en sainteté et en pureté, par le travail sur le caractère, comme les 10 jours de pénitence entre Roch Hachana et Yom Kippour. Les ‘hassidim et les personnes exceptionnellement pieuses ont l’habitude de jeûner tous les lundis et jeudis pendant cette période, pour s'éléver dans la sainteté.

Le «Lévouch» (685) évoque la coutume des jeûnes pendant cette période. Au Maroc, cette habitude était réservée aux années embolismiques. On a pris cette coutume car l’année est longue, il y a plus de six mois entre les jeûnes du lundi et du jeudi du mois de ‘Hechvan (octobre-novembre) et ceux du mois d’Iyar (avril-Mai), c’est pourquoi on jeûne pendant ces huit jours-là pour compenser le mois supplémentaire qui est de quatre semaines, chaque semaine deux jeûnes, le lundi et le jeudi. Et pour ne pas trop peser sur la communauté, on les partage, et on ne jeûne qu’une seule fois par semaine.

Une autre raison, qui est que les Anciens avaient constaté que les femmes enceintes risquaient de faire des fausses-couches pendant les années embolismiques, et ils ont fixé de faire ces huit jeûnes, qui correspondent à tous les lundis et jeudis du mois supplémentaire, à cause des femmes enceintes pour qu’elles mènent à bien leur grossesse. Ces jeûnes ont été instaurés le jeudi qui correspond au cinquième jour de la création où furent crées les poissons qui bénéficièrent de la bénédiction de "se fructifier et de se multiplier" ("Pérou Ourvou").

Rabbi ‘Haïm Vital zt’’l évoque la coutume du jeûne les années ordinaires aussi bien qu’embolismiques (Cha’ar Roua’h HaKodech 27). Une formule mnémotechnique de cette période est le verset : « Chouvou banim chovevim, arpe miChouvoteikhem » (Yirmiyah 3) (Revenez, enfants rebelles, Je guérirai vos égarements), ou le mot chovevim (enfants rebelles) est formé des initiales de ces parachiot.

Les hommes particulièrement pieux adoptent des coutumes d’ascèse et des précautions extrêmes pendant cette période particulièrement.

  • Le ‘Hida y fait allusion dans son livre «Birkei Yossef» (685) : «Pendant ces jours-là, il est très souhaitable de se sanctifier par ce qui est permis».
  • De même, les livres de moussar et de ‘hassidout témoignent que beaucoup de gens très pieux jeûnent pendant les parachiot de Chemot à Michpatim d’un Chabbat à l’autre, et veillent pendant toute la période des «Chovavim» à ne manger aucune nourriture d’origine animale (viande ou volaille).
  • Beaucoup d’autres se mortifient en ne mangeant aucun plat de ce genre le soir après le jeûne, et ils font de nombreuses tevilot au mikvé tous les jours, chacun selon sa coutume.

 

Il faut souligner ici une chose extraordinaire indiquée dans le livre «Ohel Elimélekh» au nom de Rabbi Arié d’Opola : le prophète Eliahou était apparu à Rabbi Elimélekh de Lizensk, et lui avait révélé que dans la yéchivah céleste, on avait décidé qu’il ne fallait pas se livrer à des jeûnes et des mortifications car la génération était faible, mais on devait se contenter de se renforcer dans l’étude de la Torah et le service de D.

Rabbi Moché Leib de Sassow écrit également : «Quand quelqu’un maîtrise sa colère, cela vaut plus que mille jeûnes, comme le dit la Guemara : «Celui qui domine ses impulsions, on lui pardonne toutes ses fautes». Et le monde ne subsiste que grâce à ceux qui se maîtrisent en des moments de conflits.

Le livre «Yessod haAvoda» écrit : nos Sages ont dit que la Torah expie, protège et sauve, et que le feu du Guéhénom (de l’enfer) n’a aucune prise sur un talmid ‘hakham.

Dans de nombreuses communautés, la coutume s’est conservée de faire un «ta’anit dibour» (ne pas parler de toute la journée) pendant les jours des «Chovavim». Rabbi Yitz’hak Alfaïa zt’’l en a longuement parlé dans son « Kountrass HaYé’hieli, en expliquant et en louant cette coutume. Sur l’utilité du ta’anit dibour, Rabbi Yitz’hak cite le «Noam Elimélekh» pour qui le jeûne (de la parole) de Chabbat en Chabbat est considéré comme soixante-cinq mille six cent cinquante jeûnes… pour montrer la puissance du ta’anit dibour, qui est plus utile que le jeûne corporel…

Dire des psaumes est également une coutume chez des juifs d’exception pendant la période des «Chovavim». Les commentateurs trouvent même des allusions au fait de dire des psaumes pendant ces jours-là dans le verset qui ouvre cette période : «Et voici les noms des bnei Israël qui sont venus en Egypte». Les initiales de ces mots en hébreu forment le mot «hachavim », et les dernières lettres forment le mot «Téhilim». On le tire aussi du verset «Je suis apparu à Avraham», qui a la même valeur numérique que «Téhilim». Et les lettres du mot «Téhilim» sont les initiales des mots : Techouat Hachem Lekhol Yéhoudi Mevakech («Le salut de Hachem pour tout juif qui implore »)…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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