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Le son du Chofar à Roch Hachana

C'est une Mitsva de la Torah d'entendre le son du Chofar à Roch Hachana, et de nombreuses significations a cette mitsva de  sonner le chofar le jour de Roch Hachana. Un des plus grands sages du X éme siècle, Saadia Gaon,  a établi une liste des dix plus importantes, chacune avec une base scripturaire.

Le chofar d’après  Saadia Gaon doit rappeler à l’esprit tout d’abord la création du monde, puis le début de la nouvelle année, le don de la torah au mont Sinaï, la destruction du temple, le sacrifice de Isaac, le jour du jugement etc…

Une des explications de cette Mitva est pour rassembler le Peuple d'Israël et de les inciter à la repentance (téchouva). Celui qui sonne le Chofar (le Tokéa') doit le faire étant debout. Lorsqu'il sonnera à la synagogue il devra se tenir debout au centre de la synagogue pour que toute l’assistance l'entende bien.

Le Shofar est le symbole de Rosh Hashana par excellence. Nous remarquons que pendant la sonnerie du Shofar à Rosh Hashana, il existe 3 sons différents:

  • La Tékiah : un son long et uniforme.
  • Les Chévarim : trois sons de durée moyenne, qui ressemblent à des gémissements
  • La Térouah : neuf sons courts, à succession rapide.

 

La Tékiah- un son long et uniforme.

Rosh Hashana est le jour où nous apprécions Dieu à Sa juste valeur. Il nous faut alors intérioriser ce sentiment afin de pouvoir le vivre au quotidien. Dieu est tout puissant

Cependant pour bon nombre d'entre nous, le concept de royauté évoque ces despotes avides de pouvoir, cherchant à soumettre leur peuple dans le seul et unique but de nourrir leur égocentrisme.

Selon la tradition juive, un roi est au contraire au service de son peuple. Son seul souci doit être de voir son peuple vivre dans le bonheur et l'harmonie. Il décrète et légifère uniquement dans l'intérêt du peuple, et non du sien (voir Maïmonide, lois des rois 2, 6). Le but de Rosh Hashana est de couronner Dieu, notre Roi.

La Tékiah est le son du couronnement. Dans le jardin d'Éden, le premier acte d'Adam fut de proclamer Dieu, Roi. Aujourd'hui c'est le Shofar qui nous annonce, à nous et au monde entier, que Dieu est notre Roi.

A Rosh Hashana, nous redéfinissons nos priorités, puis nous retournons à la réalité: c'est Dieu qui dirige le monde, qui fait l'Histoire, déplace les montagnes, mais aussi qui s'occupe de chaque être humain personnellement et individuellement.

Mais cela n'est pas suffisant: Maïmonide explique qu'il n'est pas suffisant que Dieu soit MON roi uniquement. Si l'humanité tout entière ne reconnaît pas Dieu en tant que roi, alors c'est ma propre relation avec Dieu qui en pâtit. Une partie de l'amour que l'on ressent pour le Tout-Puissant doit être utilisé dans le but de guider et apprendre aux gens à rechercher Sa proximité. Il est évident que cette recherche reflète avant tout l'expression de la profonde affection que nous avons les uns pour les autres. Mais à travers elle, c'est notre prise de conscience de la suprême royauté de Dieu que nous améliorons.

 

Les Chévarim- : trois sons de durée moyenne, qui ressemblent à des gémissements

Lorsque l'on pense à l'année qui s'achève, nous savons bien qu'on est loin d'avoir utilisé tout notre potentiel. Et maintenant que la nouvelle année débute, nous espérons ne plus jamais gâcher cette opportunité.

Les Kabbalistes expliquent justement que les trois sons de durée moyenne, qui ressemblent à des gémissements et que nous appelons Chévarim, sont les sanglots du cœur du juif qui aspire à se connecter, à grandir et à accomplir.

La possibilité de changer et de devenir quelqu'un de grand est donnée à tout un chacun, et peut être accompli bien plus rapidement qu'on pourrait le penser. Le secret, c'est la prière – une prière qui vient du fond du cœur, qui implore Dieu de nous donner la capacité de grandir. L'essentiel est de ne pas se sentir handicapé par son passé, car le potentiel de chacun est énorme.

Au moment où le son du Shofar retentit, c'est du fond de notre âme que nous nous tournons vers Dieu. Et c'est lorsque notre âme se tient devant Dieu, sans aucune barrière, que nous pouvons vraiment nous laisser aller.

 

La Térouah- neuf sons courts, à succession rapide.

À Rosh Hashana nous devons nous réveiller, et analyser notre vie objectivement et avec honnêteté. Qui sommes-nous? Où allons-nous? Le son de la Térouah ressemble à la sonnerie d'un réveille-matin, nous extirpant d'une torpeur spirituelle. Le Shofar apporte clarté, vivacité et concentration.

Le Talmud nous dit : "lorsqu'un jugement a lieu ici-bas, il n'y a plus besoin de jugement là-haut". Cela veut dire que si nous prenons le temps d'établir un diagnostic sincère et réaliste des erreurs que nous avons commises par le passé, alors Dieu n'aura plus besoin de nous "réveiller" pour nous faire réaliser ce que nous savons déjà.

Dieu veut que nous fassions l'effort d'exploiter les cadeaux qu'Il nous donne. Il ne nous demandera jamais d'être ce que nous ne sommes pas, et Il ne se trompe jamais sur ce que nous sommes ! Nous commettons des erreurs et nous perdons le contact, parce que nous ne prenons pas le temps nécessaire pour identifier nos désirs les plus profonds, ceux qui composent notre essence même.

 

 

Il faut parfois s'isoler et se poser les questions :"suis-je sur la bonne voie? Suis-je concentré? Est-ce que les objectifs que je poursuis sont ceux qui vont me permettre de faire avancer les choses, autant dans ma propre vie que pour le monde? Prenons donc l'habitude de nous remettre en question et de garder le contact avec nous même, et ainsi, lorsque Rosh Hashana arrivera, le réveil du Shofar ne sera plus aussi discordant!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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