«

»

Heinrich Tzvi Graetz

Heinrich Graetz est un historien et théologien juif allemand. Il fut l'un des premiers à écrire une Histoire complète du peuple juif dans une perspective juive et rapidement traduit dans d'autres langues et éveilla dans le monde entier l'intérêt pour l'histoire juive. A son époque la controverse entre le judaïsme réformateur et l'orthodoxie était alors à son comble. Le nom de Graetz fut mis en avant dans la controverse antisémite.

Heinrich est né le 31 octobre 1817 à Xions en Posnanie allemande (aujourd'hui en Pologne) naquit dans une famille de bouchers. Il débuta sa scolarité à Zerkow en Pologne, où ses parents s'étaient installés, et fut envoyé en 1831 à Wollstein en République tchèque, où il fréquenta la Yeshiva locale jusqu'en 1836, acquérant des connaissances profanes par ses études privées.
Ayant été refusé par les fonctionnaires de l'immigration à Prague, il écrivit au rabbin Samson Raphael Hirsch, alors rabbin d'Oldenbourg, en lui faisant savoir son désir. Le rabbin Hirsch lui suggéra de l'héberger chez lui. Graetz y arriva le 8 mai 1837 et passa trois ans en tant qu'élève, compagnon et copiste. En 1840, il accepta un poste de précepteur dans une famille d'Ostrowo et entra à l'université de Breslau en octobre 1842.

La controverse entre le judaïsme réformateur et l'orthodoxie était alors à son comble et Graetz, fidèle aux principes de son maître Samson Raphael Hirsch, commença sa carrière littéraire en contribuant à la revue Orient, dirigée par Julius Fürst, dans laquelle il critiqua sévèrement le parti de la Réforme et l'édition de la Mishnah par Geiger (Orient, 1844).

Il obtint son doctorat à l'université d'Iéna. À partir de 1845, il fut directeur de l'école juive orthodoxe conservatrice de Breslau et enseigna par la suite l'histoire au Séminaire théologique juif de cette ville, berceau du mouvement traditionaliste dont Graetz fut l'un des fondateurs. La même année, il fut invité à prêcher devant la congrégation de Gleiwitz, en Silésie, mais ce fut un échec complet.

Ces contributions, ainsi que sa défense de la cause conservatrice à l'occasion des conférences rabbiniques, le rendirent populaire dans les milieux orthodoxes. Ce fut surtout le cas quand il fit campagne pour qu'on donnât un vote de confiance à Zacharias Frankel après qu'il eut quitté la conférence de Francfort à cause de la position qu'avait prise la majorité sur la question de la langue hébraïque.

Il resta à Breslau jusqu'en 1848, année au cours de laquelle, sur le conseil d'un ami, il se rendit à Vienne afin d'y poursuivre une carrière de journaliste. En chemin, il s'arrêta à Nikolsburg à la résidence du rabbin Samson Raphael Hirsch, et lui confia en 1850 le poste de directeur de l'école juive de la ville voisine de Lundenburg

En octobre 1850, Graetz épousa Marie Monasch, de Krotoszyn; en 1852, Graetz  quitta Lundenburg pour Berlin, où il donna une série de conférences sur l'histoire juive devant les étudiants en théologie juive, avec peu de succès, semble-t-il. Pendant ce temps, son apologie du cours de Frankel l'avait mis en relation étroite avec ce dernier, pour la revue duquel il rédigea de nombreux articles qui lui valurent d'être nommé en 1854 membre du personnel enseignant au séminaire de Breslau, présidé par Zacharias Frankel. Il conserva ce poste jusqu'à sa mort, enseignant l'histoire et l'exégèse de la Bible, avec un cours d'introduction au Talmud.

En 1869, le gouvernement lui conféra le titre de professeur honoraire et à partir de ce moment il fit un cours à l'Université de Breslau.

En 1872, Graetz se rendit en Palestine en compagnie de son ami Gottschalck Levy, de Berlin, dans le but d'étudier les sites de la première période de l'histoire juive, qu'il traita dans les deux premiers volumes de son Histoire, publiés de 1874 à 1876. Durant son séjour en Palestine, il donna le coup d'envoi de la fondation d'un orphelinat.

Il s'intéressa aussi de près aux progrès de l'Alliance israélite universelle et participa en tant que délégué à la convention réunie à Paris en 1878 pour venir en aide aux juifs de Roumanie.

Le nom de Graetz fut mis en avant dans la controverse antisémite, surtout après que Heinrich von Treitschke eut publié son ouvrage Ein Wort über Unser Judenthum (1879-1880), dans lequel, faisant allusion au onzième volume de l'Histoire, il accusait Graetz de haine envers le christianisme et de préjugés à l'égard du peuple allemand et voyait en lui une preuve que les juifs ne pourraient jamais s'assimiler à leur environnement.

Cette attaque contre Graetz eut un grand effet sur l'opinion publique. Ce fut à cause de cette impopularité relative qu'on ne l'invita pas à participer à la commission créée par l'Union des congrégations juives allemandes visant à promouvoir l'étude de l'histoire des Juifs d'Allemagne (1885).

Malgré tout, sa renommée s'étendit à l'étranger et les promoteurs de l'Exposition anglo-juive l'invitèrent en 1887 à prononcer une conférence lors de l'inauguration. Le soixante-dixième anniversaire de sa naissance fut l'occasion pour ses amis et ses disciples de lui témoigner la grande estime dans laquelle ils le tenaient. Une année plus tard, (27 octobre 1888) il fut nommé membre honoraire de l'Académie royale des sciences d'Espagne à laquelle, comme marque de gratitude, il dédia la troisième édition du huitième volume de son Histoire. Son magnum opus, ‘’L'Histoire des juifs’’, fut rapidement traduit dans d'autres langues et éveilla dans le monde entier l'intérêt pour l'histoire juive.

 

A l'été 1891, alors qu'il séjournait à Karlsbad, comme il en avait l'habitude, des symptômes alarmants de maladie du cœur le contraignirent à interrompre sa cure thermale. Il se rendit alors à Munich pour rendre visite à son fils Léo, professeur à l'université de cette ville, et y mourut le 7 septembre 1891 des suites d'une brève maladie. Il fut enterré à Breslau. Outre Léo, il laissa trois fils et une fille.

 

La rue Heinrich Tzvi Graetz à Netanya :

Rue située dans le quartier de Vatikim, parallèle à la rue Sirkin. En grande partie très étroite dans un cadre de campagne avec uniquement des pavillons, sans commerces, institues ou autre…..

 

 

 

 

 

 

 

 

News de la Semaine